Comme une bougie que l’on souffle
« I dare you to let me be yours, your one and only. I promise I’m worthy to hold in your arms. So come on and give me the chance… » Peter a publié ces mots sur son mur Facebook, probablement de sa chambre dans Washington Heights ou peut-être sur son téléphone, dans un bar du Midtown. Des phrases lancées à l’univers, comme une bouteille à la mer. Le Web est un creuset de solitude. Ironie, espoirs douloureux, déception… comment savoir ? On n’écrit rien pour rien.
48 heures ont passé le docteur trucmucheski n’a pas rappelé. Retour à la case départ. Tous les tests seraient négatifs. Je reste avec mes hypothèses et mes angoisses. Tout ce que je sais c’est que ça ne va pas. L’explication du reflux gastrique n’explique pas tout. J’ai déjà eu ce genre de problème, il y a cinq ans quand mon état de santé s’est détérioré. J’ai lu sur le Web qu’il y avait fréquemment des récidives. « Récidive », c’était le mot utilisé.
Je suis allé prendre un café avec Thomas, monsieur terre à terre en personne. Un café me suffit pour une nuit d’insomnie. Et la nuit, tout prend des proportions démesurées. Et j’ai pensé à la mort, ma propre mort. Je crois qu’il n’y a rien après. Ce n’est rien de plus qu’une fin, comme une bougie que l’on souffle. Il ne reste qu’une onde de chaleur dans l’air, un parfum de fumée, que le vent dissipe après quelques secondes. Le néant qui démontre la vacuité de nos vies. La vie n’a d’autres sens que celui qu’on lui invente. Que restera-t-il quand je ne serai plus là ? Un mauvais souvenir, des remords dans la tête de mes parents et de quelques personnes. Puis plus rien après quelques mois ou quelques années. Des photos de New York, des centaines d’articles glanés et postés sur Facebook, c’est probablement ce qui subsistera le plus longtemps.










