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Billet avec le mot-clef ‘web’

En attendant la suite

« J’imagine que tout est dit puis ce détail me rattrape. Je sais des mots pour nous sauver l’envie, mais sur eux je dérape. »

J’entends parfois ces mots résonner quand je lance ma liste appelée « Hop-la-vie ». Des chansons sélectionnées pour contrer le blues ou l’angoisse. Des refrains qui me font sourire.

Il y a désormais ces plages de temps libre laissées par le projet du marathon. Finalement, je l’ai regardé passer du trottoir, près du kilomètre 39, à applaudir comme un défoncé pendant des heures, les yeux humides d’admiration pour tous ces gens ordinaires qui décident de devenir des héros, le temps d’une saison. Je ne comprends pas encore comment je me suis blessé. J’ai tendance à tout vouloir tout mener de front. J’en ai probablement trop fait. Qu’importe, je reviens toujours ici. Poursuivre la lecture

Face à claques

J’ai résisté longtemps avec méfiance. Je n’aime pas les modes. Puis j’ai cédé, pour finalement plonger avec un certain bonheur dans l’univers de Facebook. Pour comprendre le phénomène, il faut l’observer de l’intérieur. Il faut vivre l’expérience, non pas en tant que spectateur-voyeur, mais en tant qu’acteur. L’organisation a dû s’ajuster aux lois des pays où il s’implantait, mais la sécurité et la confidentialité demeurent trouées comme une passoire. Toutefois, le volant reste toujours entre les mains de l’utilisateur. Depuis le début, le système a grosso modo le même fonctionnement : les utilisateurs ne mettent en ligne que ce qu’ils veulent bien partager. Le danger, s’il y en a un, est dans la naïveté et l’exhibitionnisme sans vergogne des êtres humains.

L’année 2009 a été un tournant pour les blogues que je lisais. Tous ces alter ego que j’avais patiemment dénichés au cours des années ont peu à peu délaissé leurs blogues. Depuis, je continue à passer des heures à penser, à mettre en forme puis à fignoler les billets que je publie ici, où il flotte dans un grand vide silencieux. Les statistiques m’apprennent que des dizaines de personnes en ont pris connaissance dans la journée, souvent de leur travail. Les statistiques indiquent même souvent le serveur de leur employeur. Ils y passent peu de temps. J’imagine qu’ils lisent en diagonale. Mais pas un seul écho.

Je retourne sur Facebook où en une fraction de seconde, j’ai partagé un clip, la page MySpace d’un artiste émergeant que j’ai découvert, un article du devoir particulièrement bien tourné. Des gens ont réagi, ils apprécient ou pas et ne se gênent pas pour le dire. Les encouragements fusent quand je prépare une course. Les idées s’entrechoquent. Ils m’envoient des liens qui pourraient m’intéresser, des invitations à des évènements publics. Des complicités apparaissent et se développent. Il y a comme une sélection naturelle qui fait que certaines relations ne persistent pas. Reste un sentiment de connexion avec une communauté sur des sujets qui me touchent ou me préoccupent quotidiennement. Le sentiment d’un mouvement collectif.

Je repasse sur ce blogue. Toujours aucun commentaire. Je relis des passages. Je suis content des mots que j’ai trouvés. Il faut bien que quelqu’un soit satisfait, au moins une personne. Je livre la marchandise. On la reçoit sans un mot. Ça me rend parfois un peu mal à l’aise.

Alors je retourne à Facebook. La pertinence et la créativité sont un défi dans aussi peu d’espace. Mais l’interaction, le développement des relations me le rendent bien. Et la circulation entre le réel et le virtuel y est plus fluide. Le blogue est une bulle. Alors que Facebook est un outil qui suit la plupart de mes amis au resto ou lorsqu’on sort danser. C’est devenu un critère pour décider quels contacts je garde lorsque je les trie et que j’élimine : la possibilité de rencontre dans le réel. L’intérêt des gens pour ce que j’apporte et ce qu’ils ont eux-mêmes à apporter pèse aussi dans la balance. Il doit y avoir partage. Et l’échange doit être réciproque.

Il y a bien sûr beaucoup de connerie qui y circule. On dit qu’une foule a un âge mental d’environ 8 ans. C’est sûrement l’âge mental moyen de ce qui se dit sur la plate-forme, tant au niveau de l’orthographe, que de l’émotivité, de l’égocentrisme et de l’absence de tout esprit critique. La connerie ne vient pas de Facebook. La plate-forme n’est qu’un média comme l’est la ligne de téléphone où le parvis de l’église. C’est la foule cachée derrière qui est stupide.

Parfois, j’ai des côtés misanthropes. Au milieu du parc Maisonneuve, sous le marronnier, il y a le vent dans les cimes et les chants des oiseaux innombrables. Mais on entend que le bavardage bruyant des êtres humains, qui parlent sans arrêt, surtout quand ils n’ont rien à dire. Les gens seuls qui crient dans leur cell. Les parents qui crient après leurs enfants. Les maîtres qui crient après leurs chiens. Facebook ou la vie en société, ça se ressemble beaucoup au fond. Mais je ne pourrais plus me passer de la ville.

Les foules

Insomnie

Je n’arrive pas à dormir. La lumière de l’écran m’attire. Je dois avoir des gènes de papillon de nuit. Ce n’est pas que je manque de fatigue. Au contraire, je suis épuisé. Plutôt comme une envie d’arrêter le cours du temps. J’ai poussé mon pied dans l’engrenage, pour l’instant rien ne bouge, tout va bien. Si je pose la tête sur l’oreiller, le temps va s’emballer, la nuit va débouler en un clin d’œil et la vie va m’emporter pour une autre journée, folle, qui ne va nulle part. Les saisons qui se poussent les unes les autres. Puis la vieillesse et la mort. J’ai peur de l’avenir, je l’ai dit tant de fois. Je ferais mieux de me taire et d’éteindre. Le web reste un repaire d’insomniaques. Ils sont toujours là, les yeux rivés au scintillement de l’écran, captivés par un mirage. À travers les réseaux, on peut croire encore en l’humanité ou juste déconner pour le plaisir d’échanger. C’est comme le clignotement d’un satellite qui traverse le ciel nocturne. Ça dit : je suis là… je suis là… je suis là… Ça aide un peu à savoir où l’on est soi-même. Et c’est tout ce dont j’ai besoin, dans ces moments-là, pour être rassuré.

Aujourd’hui, j’ai couru 5 km sous une pluie glacée. J’ai clavardé longtemps avec un ancien collègue pour qui j’ai vraiment du respect et de l’affection. J’ai dit à El Poblano que je lui pardonnerais le lapin qu’il m’a posé en échange d’un pichet de sangria. Et j’ai fait de la recherche sur l’origine des réactions allergiques. Demain est un autre jour.

Another Perseid, and the spy satellite

Sept fois

« Votre appel est important pour nous. Ce moment d’attente est bien involontaire. » Je sais : une recette en tête de page d’accueil, c’est pas ce qu’il y a de plus « winner ». (Je n’ai pas le projet de concurrencer les blogues de cuisine.) Mais je traverse en ce moment une petite panne d’écriture.

Peut-être un peu à cause de la fatigue, celle de l’hiver, d’un rhume qui traîne et du train de vie que je m’impose. C’est bien beau 20 résolutions, mais il y a des jours où mon perfectionnisme compulsif est difficile à porter.

Peut-être aussi parce que je ne peux m’empêcher de m’autocensurer. Le monde est petit. Le développement du Web et des réseaux sociaux le révèle un peu plus chaque jour. J’avais la prétention de vouloir faire un blogue anonyme ou mon identité resterait soigneusement cachée. Force est de constater que c’est raté, trop de liens oubliés, trop de mots échappés. Alors, je commence des billets et je les laisse dormir dans le coeur de mon MacBook pour un temps. C’est toujours une bonne chose. L’équivalent de tourner sa langue sept fois avant de parler. Certains textes vont s’affiner et finir par être publié, d’autres ne traverseront pas l’épreuve du temps et aboutiront dans la corbeille. Plusieurs seront simplement oubliés, bousculés par des évènements de ma vie qui ont un besoin plus pressant d’être exprimés.

En quarantaine en ce moment : une note sur mon patron et mon rapport à l’autorité, quand celle-ci manque de vision, un billet sur un homme séduisant croisé dans un bar qui m’a écrit un courriel le lendemain pour me dire qu’il était tombé sur mon blogue. Et un autre sur la pêche au chum sur les sites de rencontres. (une des bêtises que j’ai faites récemment est d’utiliser le pseudonyme Kevin Zaak, sur ces sites) Une dernière, finalement, sur mes déboires avec la langue anglaise et tout les blocages psychologiques que je rencontre au fil de mon apprentissage.

Rumeurs

Connaître l’ennemi. Utiliser ses stratégies pour lutter à armes égales. C’est un peu ce que le développement du Web a permis aux acteurs de la lutte contre le sida. D’abord en diffusant des informations d’une complexité incroyable, qui doivent être constamment mises à jour. Ensuite en donnant la parole à toutes les personnes touchées par la pandémie de façon à briser le silence qui met en péril tous les acquis. Désormais, les stratégies de marketing viral utilisent les réseaux de communication et les réseaux sociaux pour que les messages de prévention se répandent à une vitesse fulgurante, sans bruit et sans grand investissement. En tablant, sur le plaisir, l’humour ou l’empathie, bref, ce qu’il y a de meilleur en l’être humain, ce type de publicité nous amène à nous approprier le message et à en devenir les agents propagateurs. Tout le monde y gagne, sauf le virus. Faites circuler !

Le repaire

Tout au bout du champ sur la ligne d’horizon, commençait la forêt. Les premiers arbres marquaient la limite de mon territoire d’enfant. Avec les kids du voisinage, on s’était fait un camp de base dans un énorme buisson avec des passages et des espaces fermés d’où l’on pouvait observer les alentours. On y trouvait deux grosses pierres pour s’asseoir et une cachette pour les trésors. C’était un repaire, un lieu de rendez-vous, le point de départ des piques-niques et de toutes les aventures. Une façon d’apprivoiser l’espace et d’apprendre à se faire une place dans le monde.

Je voudrais que ce blogue soit un repaire en son genre. Chaque jour, il est ma porte d’entrée sur l’univers virtuel. Je suis en train de me familiariser avec le visuel. Il me reste pas mal de travail à faire dans le code. Je ne me souvenais plus à quel point ça pouvait parfois être compliqué. La bannière actuelle n’est pas au point, elle manque d’équilibre. Sur chaque page, il y a encore plein de trucs à franciser et à fignoler. Les blocs de la colonne de droite tourneront du noir au gris ardoise. Le premier billet (featured note) sera mis en évidence dans le haut de la page d’accueil et ce texte occupera toute la largeur. Les billets suivants resteront comme ils le sont, sur deux colonnes, ce qui enlèvera un peu d’importance à l’ordre chronologique. Malgré les erreurs, les défauts et les maladresses, je suis content et plutôt excité, parce que c’est moi qui ai arrangé le décor.

Je voudrais consigner dans mon repaire des traces des saisons qui passent, l’odeur du gazon frais coupé et celle de la neige, le chuchotement du vent dans les pins et le ronronnement de la ville. Je veux y coucher mes états d’âme, mais aussi y échafauder des idées. J’y mettrai même des recettes de cuisine végétarienne. Si vous en avez envie, sortez les couvertures et imaginez-vous autour d’un feu de camp en écoutant la femme en or qui chante dans la troisième boîte de la colonne de gauche. Vous êtes toujours les bienvenus pour exprimer vos réactions, vos désaccords, vos impressions ou vos interprétations. Je vais travailler à améliorer la page Liens qui présente ma blogosphère. J’y noterai, quant à moi, des dialogues et peut-être même des histoires. Je suis paresseux, je me complais dans l’autofiction sans oser m’extirper des ornières confortables de ma propre vie. J’ai peur de me casser la figure si je sors de mes sentiers battus, mais je veux que cette face cachée soit le lieu de toutes les expériences.